LUSHIACTU RADIO en direct
Culture: lecture commentée du livre « le français décomplexé, un abrégé de pièges et subtilités », le Professeur Guy Keba en Critique d'art — Lushiactu.com - Première Source d'information à Lubumbashi et dans le Grand Katanga en RDC Lushiactu
Culture: lecture commentée du livre « le français décomplexé, un abrégé de pièges et subtilités », le Professeur Guy Keba en Critique d’art

Culture: lecture commentée du livre « le français décomplexé, un abrégé de pièges et subtilités », le Professeur Guy Keba en Critique d’art

Ami et Collègue du Professeur Christian Kunda Mutoki, auteur du livre cité ci-haut, le Professeur Guy Keba loue la plume de son Collaborateur. En Critique d’art, il partage son point de vue en lecture commentée du livre. La rédaction de Lushiactu.com vous propose la pensée de cet Orateur intrépide.

« A la réception de ce volume, plusieurs questions ont envahi mon esprit et ont trouvé des réponses satisfaisantes que je voudrais partager avec vous :
D’abord le pourquoi de ce titre, le français décomplexé un abrégé de pièges et subtilités ».

Le Professeur Guy Keba explique

Je ne voudrais pas ici m’attarder sur les éléments paratextuels à la Gérard Genette bien qu’ils possèdent une symbolique forte, dès par le choix des couleurs, le dessin sur la couverture, le titrage, etc. Mais le curseur de mon attention se pointe sur un adjectif qui joue un rôle majeur dans le titre. C’est ‘’Décomplexé’’ pourquoi un français décomplexé ?

Certes, je me suis lancé à chercher des synonymes tous azimuts : Attitude d’une personne libérée, émancipée ou mieux le fait de sortir des inhibitions sociales tel que le stipule Norman Triplett  » décomplexé  » renvoie aux attitudes d’une personne affranchie de carcans idéologiques et qui aspire à la grandeur dans une optique d’équité. En allant juste dans les encablures du préambule au niveau de l’avant-propos, ma question trouve une réponse claire déjà donnée par l’auteur lui-même :

« Par le biais de ce manuel, nous pensons apporter notre modeste contribution à l’épanouissement intellectuel et culturel de la communauté scientifique, aussi bien de la République Démocratique du Congo que d’ailleurs, par un effort en vue d’une meilleure utilisation de la langue de Voltaire et de Hugo, de Mudimbe et de Kilanga ».

Pour le Professeur Guy Keba, Christian Kunda se lance dans une dynamique d’appropriation de la langue, et de tropicalisation du français. Et ajoute-t-il en disant : « cet écrit vise également la promotion de la langue française, notre belle langue’ ». Oui, elle est notre et sommes appelés à la manipuler sans complexe aucun.

Cela me rappelle un des titres du même auteur « le français notre belle langue et la culture qui l’entoure en RDC ». L’auteur est donc engagé du mieux qu’il peut à sensibiliser le locuteur de cette belle langue de s’en approprier sans regret ni chagrin. Surtout dans le contexte congolais, le français est véritablement une mine d’or, non seulement par le fait qu’il a été maintenu comme langue officielle depuis l’époque coloniale, parce qu’il est largement parlé par les groupes scolarisés du pays, mais c’est aussi une langue ethniquement neutre, facilitant ainsi la communication entre différents groupes ethniques.

LISEZ AUSSI ===  Lushiactu Caricature: "SAPEUR-POMPIER, Tshisekedi à Lubumbashi"

L’auteur lui-même dans plusieurs conférences nomme le français de ‘’langue trait –d’union,’’ une chance pour la RDC. Il est évident que la francophonie de nos jours ne signifie pas seulement un assemblage des pays qui ont le français en partage mais aussi une ‘’francopholie’’ qui se résume dans les apports de nos diversités et qui participent non seulement à l’universalité du français mais aussi à l’enrichissement et à l’embellissement de cette langue de joliesse et jolibilité.

Nature du livre, le Professeur Guy Keba s’y penche

Ma deuxième préoccupation est relative à la nature même du livre. En faisant une lecture diagonale, il y a risque de vite taxer le livre de manuel de grammaire. Pour moi, l’architecture est tellement savamment élaborée au point de donner lieu à un manuel de bon usage à destination des francophones du Congo et d’ailleurs pour leur permettre de maîtriser les subtilités de la langue.

Ce guide démontre comment appliquer la langue avec élégance et aisance. Le français n’est pas seulement l’art de bien parler mais aussi l’art de bienséance, de la raison et de l’universalité. Ceux qui, comme Christian Kunda postulent la grandeur du français, ils postulent en même temps son influence sur nous. Influence multiforme.

Cette langue a la réputation d’être très codifiée au point de détenir l’une de plus anciennes et prestigieuses académies. Il faut donc des facilitateurs de l’acabit de Christain Kunda. Ce volume de 233 pages gravite autour du partage d’information, d’orientation et même des enseignements de haute portée scientifique.

Il est subdivisé en deux parties principales dont l’une aborde les aspects non linguistiques de la langue et l’autre les pratiques d’usage courant :
Dans les aspects non-linguistiques, l’auteur évoque en même temps les bonnes manières qui doivent accompagner la locution française mais aussi les sources de mots, selon qu’ils sont issus du latin et composent la catégorie des mots d’acquisition obtenu par déclinaison, et les mots d’emprunts, provenant des contacts avec d’autres cultures et d’autres langues partenaires du français.

LISEZ AUSSI ===  Culture : RJ Kaniera signe un contrat avec Auto Lubumbashi

Dans la deuxième partie des pièges et subtilités, l’auteur s’étend sur des visiblement facile mais profondément complexes, pour épargner les francophiles de tomber dans les pièges du français et affuter les outils, dans le but d’affronter sans complexe le méandre de cette langue gigantesque et titanesque. Cette partie survole donc quelques congolismes, belgissismes, pléonasmes, barbarismes, le mot pied, les fautes récurrentes en proposant même des corrections, etc.

Exemple : l’emploie des mots excuse et pardon. Renvoyer, révoquer et licencier, puisque et parce que, équipe, équipement et équipage, et les interprétations littérales du swahili au français. Il cherche quoi maintenant: Anatafuta nini sasa.
C’est quoi ici : Ni nini apa
Quel piège et quelle richesse dans cette œuvre.

Fonction de l’œuvre de Christian Kinda, Professeur Guy Keba tire une conclusion

Enfin la troisième préoccupation est relative à la fonction de cette œuvre :
Toute la matière intelligemment présentée dans ce livre, démontre de l’engagement de l’auteur à transformer la société par la force de sa plume. « L’art au service du social ».
La langue aujourd’hui est donc un outil de gestion efficace dans sa dimension de professionnalisation et l’auteur en observateur averti de la société touche aussi les aspects du FLE, en prenant pour exemple le secteur hôtelier avec son lexique, le secteur du tourisme, etc. Et tout ça, dans une langue, limpide, belle et très belle.

« Professeur Christian, ce livre, est une œuvre pleine, une œuvre comblée.
Ma résignation pour ce jour c’est de voir que « le bon usage n’est pas seulement des Belges mais de nous aussi et cela grâce à toi cher professeur. Bravo, bravo, bravo l’artiste » a conclu le Professeur Guy Keba.

Partagez l'info!!!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.